Casino : pour que les dés ne soient pas pipés

La délégation de service publique est prolongée d’un an, le temps de valider une procédure de mise en concurrence loyale

Attendue au printemps 2017, la future convention de service public pour l'exploitation du casino de jeux est repoussée d'un an. (Photo Frank Muller)

Attendue au printemps 2017, la future convention de service public pour l’exploitation du casino de jeux est repoussée d’un an. (Photo Frank Muller)

La convention de délégation de service public (DSP) pour l’exploitation du casino, qui arrive à échéance en mars 2017, va être prolongée d’un an. Vendredi dernier, le conseil municipal a approuvé à l’unanimité cette proposition, qui va laisser du temps à la ville pour régler un sacré imbroglio juridique.

Il est lié au fait que le délégataire actuel, le groupe Partouche, est aussi titulaire d’un bail emphytéotique sur les locaux du casino, qui court sur soixante-dix ans, jusqu’en 2056.

Le fait d’être quasiment « propriétaire » des lieux représente un avantage certain pour le groupe Partouche, dans le cadre de la mise en concurrence obligatoire avec d’autres candidats pour la délégation de service public pour l’exploitation du casino.

Pour échapper à une concurrence qui ne serait pas loyale, la ville a donc dû trouver une solution, validée par la préfecture .

« Elle consiste, a expliqué le maire Jean-Pierre Giran, à prévoir un loyer, dont le montant figurera dans l’appel d’offres. Si le groupe Partouche, titulaire du bail, n’obtenait pas la DSP, ce loyer lui serait versé par le nouveau titulaire de la délégation de service public. »

La prorogation de la DSP actuelle requise lors du conseil municipal, et celle de l’autorisation de jeux, votée juste après, vont donc laisser le temps de « clarifier la situation et de négocier le montant du loyer ».

« Il manque effectivement un peu plus de trois millions d’euros d’investissements selon la ville, a précisé le maire. La nouvelle délégation de service public sera plus précise à ce sujet : il y aura des dates, des priorités concernant les investissements à réaliser. Et puis aussi une distinction entre les dépenses qui incombent au titulaire du bail et celles qui reviennent au titulaire de la DSP. »

Évoquant les négociations parfois compliquées en cours avec le groupe Partouche, il a émis le voeu « que celui-ci soit un peu plus coopératif ».

« Il serait bon qu’il ne joue pas sur cette histoire compliquée pour retarder l’échéance », a conclu Jean-Pierre Giran en rappelant aux salariés présents dans les rangs du public l’attachement de la ville à son casino.

Extrait de Var-Matin du 28 septembre 2016 par Caroline Martinat