Hameau des Pesquiers : la Ville présente son ambition. Côté salin : un musée du sel et une salle de séminaires

e député-maire d'Hyères, Jean-Pierre Giran et François Carrassan, adjoint à la Culture sur le site du hameau des Pesquiers dont ils nous ont ouvert les portes pour faire un état des lieux. (Photo Valérie Le Parc)

e député-maire d’Hyères, Jean-Pierre Giran et François Carrassan, adjoint à la Culture sur le site du hameau des Pesquiers dont ils nous ont ouvert les portes pour faire un état des lieux. (Photo Valérie Le Parc)

A quelle volonté répond le projet de réhabilitation du site ? Quelle est la place public/privé ? Quid côté hameau et côté salin ? Quel investissement et quels délais ? Le maire esquisse les contours du projet

La ville est propriétaire de toute la zone bâtie et de l’espace qui sépare le canal de la zone bâtie où se situe la chapelle.

Le maire explique : « Cet espace voisin de la résidence restera public ainsi que la chapelle. L’autre propriétaire du site des Pesquiers, c’est le conservatoire du littoral qui possède les 20 hectares de pinède voisins du hameau.

Dans le projet à l’étude, on souhaiterait un partenariat avec le conservatoire pour l’entretien de la pinède et une ouverture du site au public. Elle n’existe pas actuellement. Une ouverture pas permanente, mais sur un mode de visites autour éventuellement d’un circuit et avec, pourquoi pas, l’accueil de scolaires. Cette pinède est la dernière de bord de mer à Hyères. »

La ville souhaite que le projet intègre l'aménagement d'une promenade le long du canal du Gras. (Photo E. P.)

La ville souhaite que le projet intègre l’aménagement d’une promenade le long du canal du Gras. (Photo E. P.)

Autre aménagement envisagé : « On souhaite créer une promenade sur toute la longueur du canal jusqu’à la mer. L’ensemble de ces options sont inscrites dans un cahier des charges, car ce n’est pas la ville qui répond à une demande mais elle qui établit un cahier des charges que tout opérateur privé devra respecter. »

Rendre la pinède accessible et créer une promenade le long du canal

Après la découverte en images du hameau des Pesquiers, tel qu’il est aujourd’hui (volet 1), puis, les témoignages des derniers habitants du village des saliniers (2), ce troisième et dernier volet de notre enquête donne la parole au député-maire d’Hyères, Jean-Pierre Giran, qui nous a ouvert les portes du hameau, fermé depuis 20 ans. L’occasion pour lui de clarifier les ambitions de la ville concernant le site.

« Voilà plus de 20 ans, indique-t-il en préambule, que les choses sont en l’état et que l’on assiste à la dégradation quotidienne d’une propriété communale qui est, je crois, le patrimoine le plus important dont on dispose sur la presqu’île. C’est un patrimoine culturel témoin de l’histoire d’Hyères. »

« Rien n’a été fait depuis 20 ans »

« Or, poursuit le maire, depuis 20 ans rien n’a été fait, y compris à des moments où les contraintes financières n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. Aujourd’hui, ni la commune, ni le conservatoire du littoral, ni le parc national n’ont les moyens de financer une telle réhabilitation. » Et de donner un exemple pour illustrer l’état du bâti : « La semaine dernière, le plafond du bâtiment le plus sain du hameau, s’est effondré. »Le maire, affirme alors que« dans ce contexte, il y a la volonté politique de la commune de trouver une solution. » Et développe : « On a identifié un éventuel partenaire privé pour faire une opération public/privé qui vise à réhabiliter le site à l’identique et dans l’intégrité historique des bâtiments. Cela représente un investissement considérable. »

Plus précisément ?

« Le hameau comprend douze constructions qui représentent une surface de plancher de 2 131 m2. Il n’y aura pas un mètre carré supplémentaire. »

Les conditions d’une telle réalisation

L’idée de la ville : « On peut créer là une résidence hôtelière patrimoniale, en aucun cas un établissement du type chaîne d’hôtel. Ça consiste aussi à redonner vie à un lieu qui a toujours vécu. Le hameau des Pesquiers a vocation à être un lieu de vie. »

Voilà pour l’idée, mais concrètement comment y arriver ? « Pour réaliser un tel projet, la première condition est financière, car il faut compter un investissement de 15 à 20 Me. »

« La deuxième condition est l’accord de la commune, mais aussi du conservatoire du littoral, de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et du ministère de l’Environnement, car on est ici sur un site classé avec changement de destination pour le permis de construire (1). On travaille actuellement avec ces partenaires qui y croient dans ce principe de restauration et de valorisation du patrimoine qui est un élément central de l’OGS. »

Quel type de contrat est envisagé avec l’investisseur ? « L’ampleur de l’investissement nécessite une longue période pour l’amortissement. On réfléchit donc à un bail emphytéotique de longue durée, autour de 50 ans, pour la partie qui appartient à la commune. Du côté salin, le conservatoire du littoral pourrait établir une convention d’AOT (autorisation d’occupation temporaire) dont la durée serait synchronisée avec celle du bail emphytéotique. Ce qu’il ne faut pas oublier, et qui est essentiel, c’est qu’au terme de ce bail, le hameau entièrement restauré reviendra à la collectivité. »

Un projet à l’horizon 2019

Où en êtes-vous aujourd’hui ? « On travaille avec le cabinet d’études Tangram (Marseille). J’ai demandé à ce que ce cabinet soit aussi celui de l’opérateur privé. Ça avance bien, grâce à l’approche très constructive de l’État, de la Dreal et du conservatoire. L’initiative et la maîtrise restant néanmoins communale. L’esprit général, conclut le député-maire, est de faire quelque chose d’exceptionnel dans un site exceptionnel. »

Question délai ? « On peut boucler les aspects juridiques et administratifs d’ici à un an et demi – deux ans, ensuite il faut compter un an pour l’instruction du permis par le ministère de l’Environnement. C’est donc un projet dont la réalisation est à envisager à l’horizon 2019. »

1. Un permis de construire est obligatoire pour des travaux de réhabilitation.

Concernant le côté salin, Jean-Pierre Giran précise : « L’investisseur est prêt à engager aussi des travaux très importants de l’autre côté de la route, côté salin, sur le site du conservatoire du littoral. Il souhaite réhabiliter trois ou quatre bâtiments, dont le hangar de la mouture, pour en faire une salle de séminaire privative qui pourra être utilisée par lui, la Ville et le conservatoire.

Cet espace pourrait accueillir des expos permanentes, notamment les vieux gréements de l’association La Partègue. »

« Un second bâtiment serait entièrement dédié à La Partègue pour la restauration des bateaux du patrimoine.

Et dans un troisième bâtiment, on aimerait créer un musée du sel accompagné d’une petite exploitation de sel pour cultiver l’esprit et la mémoire du lieu. Enfin, il est prévu dans ce projet de mettre une salle à disposition des Captois, à proximité immédiate ou dans le lieu. »

Tous droits réservés Var-Matin du 5 mars 2016, par Emmanuelle Pouquet