Etat des lieux : combien de plages, où, et jusqu’à quand ? Création de plages privées : quelle est l’idée de la Ville ?

À plu­sieurs oc­ca­sions, le maire, Jean-Pierre Giran, a ex­primé sa vo­lonté de créer de nou­veaux éta­blis­se­ments « pour élar­gir la pa­lette tou­ris­tique hyé­roise ». Où, quand, sous quelle forme ?

Séances du conseil mu­ni­ci­pal, as­sem­blées gé­né­rales de CIL, réunions de com­mer­çants et d’ac­teurs éco­no­miques… à plu­sieurs re­prises, de­puis quelques mois, le dé­puté-maire Jean-Pierre Giran a ex­primé sa vo­lonté de voir de nou­veaux éta­blis­se­ments de plage voir le jour à Hyères.

Hyères qui pen­dant long­temps et jus­qu’au début des an­nées 2000 fut le haut-lieu des soi­rées es­ti­vales fes­tives en bord de mer.

Le Sun Light, le Sumar, le Ponta Pora à la Ber­ge­rie, ou en­core la Zone Bleue, le Sun Plage à l’Al­ma­narre, des noms qui ré­sonnent comme au­tant de bons sou­ve­nirs pour de nom­breux Hyé­rois… mais qui dé­si­gnent des éta­blis­se­ments au­jour­d’hui dis­pa­rus.

Pour­quoi ? « En rai­son de deux ju­ge­ments, ex­plique Jean-Pierre Giran, qui ont in­ter­dit les conces­sions de plage sur une par­tie de la pres­qu’île de Giens. »

Pour­quoi les plages pri­vées ont-elles dis­paru ?

Une as­so­cia­tion de pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment avait en 2005 at­ta­qué le zo­nage du POS concer­nant les lots de plage sur les tom­bo­los Est et Ouest, la Ba­dine/la Capte et l’Ay­guade. « En 2008, la Cour d’ap­pel de Mar­seille a confirmé l’in­ter­dic­tion sur les tom­bo­los, mais re­tiré la Ba­dine et l’Ay­guade. »

Consé­quence ? « Il ne peut plus y avoir de cha­let sur l’Al­ma­narre, classé es­pace na­tu­rel re­mar­quable, et sur la Ba­dine/la Ber­ge­rie, en rai­son de l’étroi­tesse de la plage et parce qu’au sud c’est un site classé, il ne peut y avoir que des zones de ma­te­las et de pa­ra­sols dans la conti­nuité du do­maine pu­blic com­mu­nal ou d’éta­blis­se­ments pri­vés. »

Le maire pour­suit : « C’est une si­tua­tion très dom­ma­geable pour l’ac­ti­vité tou­ris­tique de la ville. Il y a donc une vo­lonté très forte de la mu­ni­ci­pa­lité de re­trou­ver un nombre conve­nable de lots de plage. Le lit­to­ral hyé­rois compte 120 km de côtes avec les îles et 25 km de plages, il faut élar­gir la pa­lette tou­ris­tique hyé­roise. »

Concrè­te­ment, quelle est l’idée ?

« On sou­haite d’abord re­nou­ve­ler les conces­sions qui se trouvent sur le do­maine pu­blic ma­ri­time et créer deux zones de ma­te­las pa­ra­sols entre la Ba­dine et la Capte. Des pé­ri­mètres sous conces­sion et sans bâ­ti­ments. » L’un au droit du cam­ping Eu­ro­surf. L’autre dans la conti­nuité du ha­meau des Pes­quiers.

« Plage du Cein­tu­ron, on sou­haite re­nou­ve­ler le lot du Ma­rais en 2017 et concer­nant Côté Mer, la conces­sion va être at­tri­buée pro­chai­ne­ment pour la sai­son 2016. »

« Il y a en­suite la vo­lonté de créer quatre nou­velles ac­ti­vi­tés sur la plage de l’Ay­guade. Trois nou­velles plages pri­vées avec res­tau­rant et zone de ma­te­las, entre le port de l’Ay­guade et la place Da­viddi. Et un lot dédié aux sports et jeux de plage, du type plage Mi­ckey, entre la place Da­viddi et la place Saint-Louis. »

Quatre éta­blis­se­ments créés à l’Ay­guade

Quel type d’éta­blis­se­ments ? « Des cha­lets dé­mon­tables qui com­pren­draient, cha­cun, un res­tau­rant avec ter­rasses (225 m2) et des sur­faces de ma­te­las (495 m2), ce qui cor­res­pond aux 40-60 % de­man­dés par l’État. » Les quatre lots semblent ras­sem­blés dans un es­pace de la plage… « Oui c’est un choix : créer un lieu de plages pri­vées. »

Ques­tion style et es­thé­tique ? « Je sou­hai­te­rais une har­mo­ni­sa­tion du point de vue ar­chi­tec­tu­ral, nous sol­li­ci­te­rons donc un ar­chi­tecte conseil. » Le ca­len­drier ? « On tra­vaille avec l’État pour le re­nou­vel­le­ment des conces­sions et pour in­di­quer ce que l’on sou­haite dé­ve­lop­per à l’Ay­guade. Une fois ces plans va­li­dés, en sep­tembre ou oc­tobre 2016, on pourra lan­cer la pro­cé­dure de dé­lé­ga­tion de ser­vice pu­blic. On es­père donc une ou­ver­ture des nou­veaux éta­blis­se­ments pour l’été 2017, sous ré­serve que les dé­lais le per­mettent. »

 

Deux concessions matelas-parasols seront créées au niveau de la Bergerie. L'une au droit du camping Eurosurf (ci-dessus), l'autre aux Pesquiers.

Deux concessions matelas-parasols seront créées au niveau de la Bergerie. L’une au droit du camping Eurosurf (ci-dessus), l’autre aux Pesquiers.

Au­jour­d’hui, en tout et pour tout, il reste cinq éta­blis­se­ments de plage à Hyères.

Dans le sec­teur Capte-Ber­ge­rie-Ba­dine, y a-t-il en­core des plages pri­vées ? Non. Ni sur le do­maine pu­blic ma­ri­time, ni sur le do­maine pu­blic com­mu­nal. Seuls des éta­blis­se­ments pri­vés ont des res­tau­rants, voire des ma­te­las sur leur propre ter­rain qui jouxte la plage.

À l’Al­ma­narre, il ne reste plus qu’un seul éta­blis­se­ment, Les Sa­li­nas. « Mais, ex­plique le maire, la conces­sion Ville/État ar­rive à échéance fin 2 016. On a fait tout ce que l’on pou­vait pour le main­te­nir, mais ça tombe sous le coup de la loi concer­nant la pres­qu’île. Donc l’éta­blis­se­ment va dis­pa­raître. » Il de­vrait être dé­monté en oc­tobre pro­chain.

Au Ceinturon, les concessions de Côté Mer et Le Marais (1er plan) seront renouvelées en 2016 et 2017.

Au Ceinturon, les concessions de Côté Mer et Le Marais (1er plan) seront renouvelées en 2016 et 2017.

Plage du Cein­tu­ron, on compte ac­tuel­le­ment deux lots de plage : Le Ma­rais, et Côté Mer. Le re­nou­vel­le­ment de cette der­nière conces­sion (res­tau­rant + 40 ma­te­las) ar­ri­vée à échéance, est en cours de re­nou­vel­le­ment. Re­nou­vel­le­ment qui, on s’en sou­vient, a fait po­lé­mique. Le nom de l’at­tri­bu­taire sera an­noncé lors du pro­chain conseil mu­ni­ci­pal, le 15 avril.

C'est ici à l'Ayguade, que la ville souhaite créer quatre nouvelles concessions de plage. Elles seraient implantées entre le port et la place Saint-Louis. (Reportage photos Valérie Le Parc)

C’est ici à l’Ayguade, que la ville souhaite créer quatre nouvelles concessions de plage. Elles seraient implantées entre le port et la place Saint-Louis. (Reportage photos Valérie Le Parc)

À l’Ay­guade  : mis à part les lo­caux du Centre de loi­sirs des jeunes (CLJ) – an­cienne plage Le Palm Beach, dis­pa­rue à la fin des an­nées 90 – il n’y a pas de plage pri­vée. Le CLJ qui, dixit le maire, « va res­ter un centre dédié à la jeu­nesse ». Enfin, aux Sa­lins, il y a le Kaïna Beach(à l’ouest du port) et La Baie des va­hi­nés à l’en­trée de la grande plage des Sa­lins.

Re­nou­vel­le­ment des conces­sions en 2016 et 2 017

Il faut pré­ci­ser que la date de re­nou­vel­le­ment des conces­sions dé­pend de la si­tua­tion des éta­blis­se­ments.

Au Ceinturon, les concessions de Côté Mer et Le Marais (1er plan) seront renouvelées en 2016 et 2017. La plage Les Salinas à l'Almanarre vit sa dernière saison cet été, elle sera démontée cet automne. Deux concessions matelas-parasols seront créées au niveau de la Bergerie. L'une au droit du camping Eurosurf (ci-dessus), l'autre aux Pesquiers.

Au Ceinturon, les concessions de Côté Mer et Le Marais (1er plan) seront renouvelées en 2016 et 2017. La plage Les Salinas à l’Almanarre vit sa dernière saison cet été, elle sera démontée cet automne. Deux concessions matelas-parasols seront créées au niveau de la Bergerie. L’une au droit du camping Eurosurf (ci-dessus), l’autre aux Pesquiers.282

Fin 2016, toutes les conces­sions de plage si­tuées sur le DPM (do­maine pu­blic ma­ri­time) ar­rivent à échéance. C’est le cas des Sa­li­nas, qui donc, est voué à être dé­moli. Il va donc y avoir en 2017, un nou­vel appel d’offres pour les deux éta­blis­se­ments si­tués sur le DPM : La Baie des va­hi­nés et Le Ma­rais. Pré­ci­sion faite qu’au Ma­rais, seuls les ma­te­las sont si­tués sur le DPM.

En re­vanche, pour les éta­blis­se­ments de plage si­tués sur le do­maine pu­blic com­mu­nal, la date d’échéance des conces­sions est dé­ca­lée. La conces­sion de Côté Mer, va donc être re­nou­ve­lée en mars pour 6 ans. La conces­sion de Kaïna Beach aux Sa­lins ar­ri­vant, elle, à échéance en 2017

Tous droits réservés Var-Matin du 28 mars 2016 par Emmanuelle Pouquet

Jean-Pierre Giran inaugure le 5e Boat Show qui surfe sur plaisance, glisse et écologie

Le salon nautique 2016 a ouvert ses portes hier pour quatre jours. 70 exposants sont au rendez-vous avec leurs nouveautés, au côté d’Au cœur de la mer, de retour avec des animations originales

Le public était déjà au rendez-vous, hier, jour d'ouverture de la 5e édition du Hyères Boat Show. La manifestation se poursuit au port Saint-Pierre jusqu'à lundi soir. (Photos Laurent Martinat)

Le public était déjà au rendez-vous, hier, jour d’ouverture de la 5e édition du Hyères Boat Show. La manifestation se poursuit au port Saint-Pierre jusqu’à lundi soir. (Photos Laurent Martinat)

Preuve que le rendez-vous a bel et bien conquis son public : dès hier matin, jour de l’ouverture, le Hyères Boat Show a accueilli bon nombre de visiteurs. Constat confirmé à l’heure du déjeuner puisque les terrasses des restaurants du port Saint-Pierre faisaient plaisir à voir !

Une 5e édition inaugurée avec enthousiasme par le député-maire Jean-Pierre Giran, entouré de nombreux élus. Ils ont été accueillis par le coordinateur du salon, Denis Infante.

Le maire qui a d’abord salué les professionnels du nautisme hyérois « Vous avez relevé l’an dernier le défi d’organiser ce salon dans des conditions difficiles et vous avez réussi. Nous sommes à vos côtés du point de vue logistique et communication, et très heureux que les associations soient cette année venues se joindre à vous. Je salue également l’imagination et la compétence dont vous faites preuve pour valoriser une activité essentielle pour la ville. Ce salon est un grand bénéfice pour Hyères et pour la politique nautique de la ville qui se renforce cette année avec, bientôt, le 1er Festival hyérois de l’image sous-marine, la Sailing world cup et le retour du Tour de France à la voile. »Inauguration dont le maire a profité pour saluer la gestion du port Saint-Pierre « aujourd’hui transparente et courtoise. »

Les catamarans à l’honneur

Comme annoncé, on notera que l’implantation sur le site est plus concentrée sur le quai d’honneur, où les plus grosses unités sont exposées à flot. En particulier, une offre plus large de grands catamarans de luxe, des voiliers et des yachts de conception très innovantes (nous y reviendrons).

Les stands (matériel, services, formations, location, école de voile, sportswear…) sont installés le long du quai. À l’extrémité ouest, isolé du pôle glisse, on trouve un grand stand Hobie Cat. Le parking de la capitainerie, lui, est dévolu aux bateaux moteurs et semi-rigides de 2 à 8 mètres, exposés à terre. Une offre très diversifiée en gamme et en prix.

Au bout du quai d’honneur, côté Est, on entre cette fois dans la partie gratuite du salon, avec le pôle glisse (encore assez peu fourni hier), et une nouvelle série de stands : SNSM, vélos électriques, Sittomat, fédération de pêche et un stand tahitien tenu par le groupe Hei Show Tamure qui assure une partie des animations. Dès hier, les scolaires et les visiteurs ont pu découvrir les quatre bateaux du patrimoine exposés. Les autres animations démarrent aujourd’hui (voir programme).

Visites ludiques pour les petits pirates

Le gros atout du Boat show cette année, c’est de se dérouler en même temps que la manifestation Au cœur de la mer installée autour de la mairie annexe de la Gavine. Avec l’objectif de faire découvrir et sensibiliser le public à l’environnement marin, cette 6e édition propose toute une série de conférences sur trois jours proposées par le parc national, et différentes associations.

Les familles vont aussi pouvoir découvrir les deux étonnants « vaisseaux » roulants de l’association Artyka : le Galion et la Nautiloscope du capitaine Nemo pour des visites ludiques et très instructives sur le monde marin qui feront le bonheur des petits pirates et de leurs parents.

Alors rendez-vous ce matin, 10 h, au port Saint-Pierre, pour rêver d’horizons marins et profiter, pourquoi pas, de la proposition des restaurateurs du port qui ont prévu des menus « spécial salon » !

Tous droits réservés Var-Matin du samedi 26 mars 2016

PLU : une longue liste de contraintes tant physiques qu’administratives

« Le plan local d’urbanisme, normalement, c’est la vision municipale du territoire communal pour les vingt ans à venir. Sauf que ce n’est pas une figure libre mais une figure imposée, avec une marge de manœuvre, de choix, extrêmement limitée. En fait, une fois qu’on a répondu à toutes les injonctions, je ne sais plus bien où se situe cette marge… » Jean-Pierre Giran, maire.
PLU

L’élaboration du plan local d’urbanisme arrive à son terme. Avant son arrêt par le conseil municipal, le maire revient sur les contours d’un exercice imposé, loin de la figure libre

L‘infographie ci-contre cartographie l’ensemble des contraintes agricoles, paysagères, de biodiversité ou liées à un risque (inondation ou submersion) qui s’imposent sur le territoire hyérois.

Elle laisse apparaître, en blanc, des zones « sans contraintes » mais déjà largement urbanisées et des espaces disponibles aux Rougières, à la Crestade ou à Costebelle, en partie soumis aux règles de la ZPPAUP (voir ci-dessous).

Des contraintes « physiques, objectives »

– Sur un total de 13 200 hectares, la commune compte 4 000 hectares d’espaces forestiers.

– Les espaces agricoles concernent un peu moins de 4 000 hectares.

– Les ZPPAUP sont des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Elles seront bientôt remplacées par les aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine. Visant à encadrer un développement harmonieux des sites présentant un intérêt patrimonial, chaque ZPPAUP dispose d’un règlement comportant des prescriptions particulières qui encadrent tous travaux compris dans le périmètre de la zone de protection, soumis à autorisation spéciale.

– La présence de l’aéroport impose la rédaction d’un plan d’exposition au bruit (PEB) et définit un périmètre à l’intérieur duquel les terrains sont inconstructibles. La carte reproduit le PEB de 1975. Le PEB actuel fait l’objet d’un recours.

– Le risque d’inondation impose la rédaction d’un plan de prévention des risques inondations (PPRI), actuellement en cours. « Tout laisse à penser qu’il sera plus strict et plus large que le périmètre actuel », précise le maire.

– Une étude récente sur le risque de submersion oblige à prendre en compte ce qui pourrait se passer dans 10, 20 ou 30 ans.

Des contraintes administratives

À la liste de ces contraintes « physiques et objectives », qu’il dit comprendre, Jean-Pierre Giran ajoute les injonctions administratives sur lesquelles il se montre plus critique.

– La loi Littoral s’applique sur l’ensemble du territoire communal. « Y compris les endroits les plus reculés comme les Borrels », précise le maire.

– S’agissant du plan local de l’habitat (PLH) et de la loi ALUR dont il juge les préconisations « peut-être nécessaires mais exorbitantes », ils imposent d’atteindre 25 % de logements sociaux avant la fin du PLU, soit « 3 500 nouveaux logements sociaux à produire en ne faisant que du logement social, ou un total de 12 000 logements avec 30 % de logements sociaux ! »

De l’esprit à la lettre : Jean-Pierre Giran esquisse les contours du futur PLU

Le PLU d’Hyères sera l’un des derniers PLU communaux. La compétence urbanisme reviendra en effet à la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée en 2017. «D’où l’importance de lui donner une couleur locale », insistent le maire et son adjoint à l’urbanisme, François Carrassan. Au-delà de cet enjeu, « tous les projets d’aménagement, les gros comme les petits, les ZAC, les permis de construire dépendent du PLU », rappellent-ils.

Compte tenu des contraintes évoquées ci-contre, le maire détaille ce qu’a voulu – et ce qu’a pu – en faire sa municipalité.

La philosophie générale

Jean-Pierre Giran résume la philosophie générale du projet en une question : « Malgré toutes les évolutions, malgré le tourisme, la population, la circulation, etc., comment conserver des lieux naturels privilégiés et les partager dans les meilleures conditions ? »

« La philosophie générale du PLU, remarque-t-il, c’est celle de l’opération grand site. Si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer. »

Les changements par rapportà la version précédente

Le maire affirme qu’il s’est inspiré très largement du PLU de la précédente municipalité, annulé pour vice de procédure en 2012.

« Sauf que, depuis, deux événements ont changé la donne », précise-t-il. Il évoque la « Grenellisation » des PLU, soumis à des contraintes environnementales accrues, et la loi ALUR (et Duflot) qui augmente les contraintes en matière de logement sociaux.

« Cela nous a obligés à des modifications, justifie-t-il. Ceux qui pensent qu’on pouvait reprendre tel quel le précédent PLU se trompent. »

La vision municipale du PLU

« Même si la ville évolue, rester à environ 60 000 habitants paraît raisonnable », indique Jean-Pierre Giran. Il énonce « trois engagements forts ».

– Conserver le cadre de vie tout en offrant du travail à ceux qui veulent vivre à Hyères. « Pour créer de l’activité, il faut étendre la zone Saint-Martin de 8 à 10 hectares, sans amputer sur les zones agricoles », soutient-il.

Il mise aussi sur la création du pôle santé (qui regroupera notamment le futur lycée du Golf Hôtel, un gros centre de radiologie, etc.) et d’un centre d’affaires sur la zone du Roubaud, dédié « aux entreprises d’excellence, de technologie, du secteur tertiaire, avec très peu de commerces et pas de grandes surfaces ».

– Le deuxième engagement porte sur le développement d’un potentiel touristique complémentaire sur la commune. « On est déjà très bien équipé en campings, en résidences hôtelières, mais il manque des hôtels haut de gamme et des plages privées pour compléter la gamme. »

– Le dernier engagement concerne Costebelle, « un poumon vert » que la municipalité souhaite préserver.

Compte tenu des contraintes évoquées, comment remplir les obligations du PLU ?

« Si on tient compte de toutes les contraintes, il nous reste un peu de moins de 50 hectares réellement disponibles, indique le maire. Pour bouger, il faut éventuellement accepter de ne pas satisfaire toutes ces contraintes puisqu’on nous interdit le matin ce qu’on nous impose l’après-midi ! »

La deuxième possibilité, indique-t-il, « c’est le renouvellement urbain : on rase et on reconstruit. Mais c’est impossible dans les deux tiers de la commune. On ne va pas raser des constructions récentes, ni la vieille ville historique ! »

Jean-Pierre Giran estime le potentiel de renouvellement urbain dans une fourchette comprise entre 500 et 1 000 logements sociaux supplémentaires.

Pour atteindre les objectifs fixés par l’État,« on est bien obligés d’ouvrir à l’urbanisation des zones qui font débat », conclut-il.

Les marges de manœuvre

« Les marges de manoeuvre sont là où sont les 50 hectares disponibles, essentiellement à la Crestade, à Costebelle et aux Rougières. On ne touche pas aux zones naturelles, très peu à la ZPPAUP sauf pour des opérations ponctuelles de renouvellement urbain. On cible essentiellement des friches agricoles, bâtiments abandonnés et zones non cultivées. »Elles sont situées quartier Aufène (près de l’hôpital), à la Font des Horts, à la Bayorre ou boulevard Jean-Moulin, et« toujours en continuité d’urbanisation. »

À Costebelle, « on réduit à 10 hectares le potentiel, pour conserver le poumon vert ».

À propos des critiques

Des critiques ont d’ores et déjà été évoquées, notamment lors de réunions récentes de comités d’intérêt locaux (CIL).

Sur le fait, de prévoir moins de logements sociaux aux Rougières qu’à Costebelle, le maire répond que l’idée, « c’est de conserver le paysage de ce quartier, une vision un peu naturelle. Évidemment qu’on ne peut pas faire la même chose dans tous les quartiers. »

Sur le fait d’urbaniser les Rougières : « Si on ne fait rien aux Rougières, où alors ? C’est en zone NA (à urbaniser) depuis 40 ans. Il n’y a aucun changement, sauf que désormais nous sommes sous contrainte de réalisations. »

Parmi les projets : un golf…

« On a maintenu la possibilité de faire un golf à Sainte-Eulalie, confirme le premier magistrat, mais on a bloqué à 20 000 m2 les possibilités d’urbanisation, contre 45 000 m2 auparavant. Et ces 20 000 m2 comprennent pour moitié le hameau déjà existant. L’espace golfique est limité à 50 hectares et exclut les espaces cultivés. »

« Il n’y a pas de projet actuellement, précise encore Jean-Pierre Giran, mais j’y suis favorable. J’ai l’expérience d’un golf, celui de Frégate, qui a sauvé une activité agricole. »

… Et la « mise en valeur » de la zone du Palyvestre

« La commune va acheter des terrains pour mettre en valeur ce secteur. On veut se donner la possibilité de reculer les activités vers l’intérieur de la zone pour avoir une promenade le long de la route des Marais, et jusqu’au marais de Redon. Il faut donner à cet endroit magique un rôle à la fois ludique et environnemental. C’est actuellement un site incroyablement chaotique. Il faut que les activités soient maintenues, mais il faut aussi qu’elles soient organisées et réglementées, ce qui n’a jamais été fait. »

Faire ou ne pas faire

Ce focus sur la zone du Palyvestre fait dire au premier magistrat et à son adjoint à l’urbanisme qu’il y a deux façons de faire un PLU.

« On peut faire l’autruche. Il y a des problèmes mais on n’en parle pas : les constructions au Levant, les campings sans autorisations… Ou alors on essaie de profiter de l’occasion pour trouver des solutions. »

Réunion publique : politique locale et nationale

Beaucoup de monde, dans les salons de l’Hôtel Mercure, jeudi soir. Le député maire Jean-Pierre Giran (Les Républicains) y organisait une réunion publique sur le thème de la situation politique locale et nationale. Entouré de l’équipe municipale, il a fait un point d’étape de son action à Hyères, insistant sur les mesures mises en oeuvre pour le redressement de la situation financière communale, et sur l’arrêt du plan local d’urbanisme, programmé pour le prochain conseil municipal.

La réunion publique se tenait à l'hôtel Mercure jeudi soir, en présence de toute l'équipe de la majorité municipale. (Photo Laurent Martinat)

La réunion publique se tenait à l’hôtel Mercure jeudi soir, en présence de toute l’équipe de la majorité municipale. (Photo Laurent Martinat)

« Deux fondements de l’action communale sont liés à la politique nationale à travers, par exemple, la diminution drastique des contributions de l’État et, d’autre part, la multiplication des normes en matière d’aménagement du territoire », a avancé le député maire hyérois.

Les grands projets. Jean-Pierre Giran a également présenté les principaux aménagements et manifestations qui vont se dérouler en 2 016. « Tous les grands projets – Clemenceau-Denis, Maison du Commandant, OGS, Rougières, Crestade – vont voir leurs procédures entamées en 2016 », a-t-il assuré.

Les manifestations 2016. Fête des fleurs, nautisme, Festival international de la mode, Sea World Cup, retour du Tour de France à la voile, Fête du livre et Festival de photo sous marine… les temps forts de 2016 seront marins et culturels : « La culture est une attente très forte, et il y a une tradition culturelle à cultiver à Hyères. Quelle ville a été ainsi traversée par Stevenson, Gide, Malraux et tant d’autres… ? »

Réaction aux attentats. Enfin, Jean-Pierre Giran a partagé son émotion avec l’assistance sur les récents attentats de Bruxelles. « Au plan national comme local, une double attitude est nécessaire : une fermeté sans faille mais aussi le rassemblement le plus large et le plus fort possible de la communauté nationale », a-t-il déclaré. Le député a indiqué qu’il avait voté contre la déchéance de nationalité : « Une faille fondamentale dans le droit du sol, qui créerait des cocktails Molotov en puissance. Pour ma part, je prône une peine d’indignité comme on l’a fait pour les collaborateurs après la guerre ». Un mot aussi sur les transferts d’informations : « Si l’on pense que c’est liberticide de se donner toutes les infos pour empêcher les tueries, c’est compliqué… ». Et sur les réseaux sociaux : « Twitter, c’est Vichy organisé sous couvert d’anonymat ! Je préfère rencontrer les gens pour dire ce que je pense, les portes sont ouvertes… »

Tous droits réservés Var-Matin du samedi 26 mars 2016 par Nathalie BRUN

« Agir pour la ressource en eau » : projets innovants

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Hier matin à l’Espace nautique, la présentation des six lauréats nationaux de l’appel à projets du programme « Agir pour la ressource en eau », mené par Suez (fermier de la ville depuis 2011 pour l’eau potable, jusqu’alors gérée par Veolia) était ouverte par Bertrand Camus, directeur national de Suez pour l’eau. «Des universitaires, des start-up, des ONG réfléchissent au sujet sur des échelles plus humaines, c’est rafraîchissant, avec des idées surprenantes qui sont pour nous source d’inspiration », a-t-il déclaré. En préambule, une table ronde sur la thématique de la préservation de la ressource avec le changement climatique, a réuni l’ancien ministre de l’Écologie Serge Lepeltier, Ghislain de Marsily de l’Académie des sciences, Gaëlle Berthaud de l’Agence régionale de l’Eau, le directeur régional de Suez Hervé Madiec, Véronique Jamin, responsable dévelopement durable de Suez, François Lasserre, coprésident de l’association Graine Île-de-France et le député maire Jean-Pierre Giran. Il en ressort que dans l’optique d’une consommation « plus sobre », les gestions devront être compatibles avec les prévisions des scientifiques : la mer va monter de 60 cm d’ici 2100. Les zones sèches du Sahara vont se rapprocher, et les zones situées plus au nord seront plus humides. La COP 21 a accéléré la prise de conscience.

Pour Jean-Pierre Giran, « sur le plan local, le problème c’est la concentration des précipitations et leur violence. Les crues centennales deviennent décennales ». Serge Lepeltier a rappelé que « 90 % des catastrophes naturelles sont liées à l’eau. Le changement climatique aboutit à la fois à des sécheresses et à des inondations de plus en plus importantes. Dans le Var comme ailleurs, les catastrophes se renforcent et la montée du niveau de la mer est la seconde donnée. 60 cm en 2100, c’est un minimum. Il faut s’y préparer, ce n’est pas simple pour les politiques. »

Tous droits réservés Var-Matin du 25 mars 2016.