Jean-Pierre Giran : « Hyères, une ville républicaine et citoyenne »

La cérémonie de présentation des vœux, hier matin à l'Espace 3000, en présence de l'ensemble des élus. (Photos Laurent Martinat)

La cérémonie de présentation des vœux, hier matin à l’Espace 3000, en présence de l’ensemble des élus. (Photos Laurent Martinat)

La traditionnelle cérémonie des voeux du maire et du conseil municipal se déroulait hier matin à l’Espace 3000. Le député maire Jean-Pierre Giran a appelé à la cohésion sociale

Du monde, hier à l’Espace 3000 où le député-maire Jean-Pierre Giran, entouré de l’ensemble du conseil municipal, a présenté les traditionnels voeux du nouvel an. Parmi l’assistance, les maires et élus de communes voisines – La Londe, La Crau, Le Lavandou, La Garde, Pierrefeu… -, les représentants du département, de la région, des corps constitués et des chambres consulaires, mais aussi de nombreux présidents d’associations.

Démocratie participative

Après une projection vidéo récapitulant les événements et chantiers marquants de l’année passée, Jean-Pierre Giran a pris le micro au nom du conseil pour saluer les participants : « Ce que je retiens de 2015 ? Hyères est une ville républicaine et citoyenne. Des événements spectaculaires se sont produits, et il y a dans la ville un débat républicain parfois intense, vif, mais toujours courtois. Merci d’être là, ces voeux sont ceux de la ville d’Hyères ».

Le maire a remercié les comités d’intérêt local (CIL) – « ces informateurs de terrain, si actifs, qui témoignent du rôle de la démocratie participative » – et la commission du Vivre Ensemble, dirigée par Pierre Philip, « qui a beaucoup travaillé, et fait des propositions de qualité pour améliorer cette cohésion sociale essentielle aujourd’hui ».

image_0004_2c4ffb5ac68d94bc66ff48bd66eee722Le premier magistrat a insisté sur la complexité de la mise en oeuvre du plan local d’urbanisme (PLU) : « Hyères est une ville paradoxale : tous ses atouts sont autant de difficultés ».

Et sur la nécessité d’utiliser « les quelques dizaines d’hectares constructibles à l’édification de logements pour des personnes qui n’ont pas des revenus très élevés ».

Mais les contraintes sont lourdes : « Cela peut paraître contradictoire : nous devons protéger l’environnement, l’agriculture, prévenir les inondations, mais au bout du bout, on nous demande aussi de créer 1 600 logements sociaux dans les deux ans ! Nous sommes là dans une impossibilité, j’en ai fait part au préfet ».

Le PLU, « c’est un peu le rocher de Sisyphe, alors faisons en sorte que l’intérêt général l’emporte sur le « OK mais pas chez moi » : il faut bien fixer les jeunes actifs et que les non favorisés puissent se loger ».

Autonomie financière et épargne

Pour l’année qui commence, Jean-Pierre Giran formule deux voeux : garder l’autonomie financière et une épargne permettant de mener les grands projets en poursuivant la valorisation du patrimoine et la redynamisation du centre. Mais la politique de rigueur devra se poursuivre, a indiqué le maire.

L’année 2016 se voit ainsi placée sous le signe de la cohésion, du rassemblement et de la maîtrise des dépenses communales : « Hyères résiste, Hyères avance, j’espère qu’elle va gagner », a conclu Jean-Pierre Giran avant d’inviter l’assistance à partager le verre de l’amitié autour d’un buffet.

Conseil du Vivre Ensemble: Trois propositions du maire

À l’issue de la présentation du Dr Philip, le maire a formulé quelques remarques et conclusions, non sans avoir remercié« infiniment » les membres (bénévoles) de la commission.

Jean-Pierre Giran a d’abord noté que « quelques-unes des préconisations se retrouvent dans les actions que [nous] menons », avant de souligner « trois directions » qu’il a la volonté de concrétiser.

La première porte sur « un soutien approfondi au dialogue interreligieux et intercommunautaire ». Il souhaite organiser, une fois par trimestre, « une réunion qui portera sur l’actualité locale ou nationale et ses retombées, et plus généralement sur tout ce qui peut renforcer ou déchirer la cohésion sociale ». Il imagine aussi, une fois par an, ouvrir le débat au public, en préambule ou en conclusion d’une journée de la fraternité. « On parle beaucoup de liberté, on parle aussi d’égalité mais moins de la fraternité » a-t-il regretté.

La deuxième direction retenue vise à « créer ou compléter les occasions de se rencontrer ». Reprenant l’exemple du « palio » italien qui met en scène les rencontres entre différents quartiers d’une même ville, il a évoqué « une rencontre autour des chants du Sud » et « un festival du film méditerranéen », « pour mettre en avant non pas les différences, mais les convergences ».

Troisième direction : la sécurité, « une condition de la liberté et de l’épanouissement du vivre ensemble ». Le maire aimerait continuer à faire vivre le comité et imagine qu’il pourrait « se transformer en quelque chose qui ressemblerait à un comité d’éthique »que les citoyens, comme les élus pourraient consulter ponctuellement « quand les débats ne sont plus des débats, mais des dérives qui conduisent à un sentiment de haine ». Il a fait directement allusion, notamment, aux « situations un peu critiques » relevées régulièrement sur les réseaux sociaux

Des pistes de réflexion pour mieux vivre ensemble

Créée par Jean-Pierre Giran au lendemain des attentats de janvier 2015 à Paris, la commission du Vivre Ensemble présidée par le Dr Pierre Philip a rendu son rapport et présenté ses principales préconisations

Un an, jour pour jour, après l’attentat contre le journal Charlie Hebdo, la commission du Vivre Ensemble créée à Hyères après les attentats de janvier 2015 a présenté son rapport et ses principales préconisations lors d’une réunion présidée par le maire Jean-Pierre Giran, à laquelle étaient invités les élus du conseil municipal, les personnes auditionnées et les présidents des comités d’intérêt locaux.

En préambule, Jean-Pierre Giran a rappelé « l’élan spontané de rassemblement, de fraternité, de célébration du pacte républicain » qui a suivi les événements tragiques de janvier.« J’ai souhaité à ce moment-là que l’on voie comment cet esprit républicain pouvait continuer à vivre de façon plus quotidienne, plus permanente dans notre ville. »
Autour de Jean-Pierre Giran et du Dr Pierre Philip, une partie des membres de la commission qui réunit Valérie Battesti (mission locale Corail), Léo Benoliel (cadre retraité), Jean-Pierre Blanc (villa Noailles), Anne Bouthors (association En Chemin), Olivier Bugette (chef d'entreprise), Manon Carmagnolle (clerc de notaire et étudiante), M. Eymard-Tomatis (médecin), Corinne Falco (association de prévention spécialisée), Gilles Grillet (lycée agricole), Linda Hial (association Les mamans du Valdé), le général (er) Daniel Hubscher, l'Amiral (er) Georges Prud'homme, Jean Rinaldi (psychanaliste et écrivain) et Vincent Tessereau (directeur d'école). (Photo Laurent Martinat)

Autour de Jean-Pierre Giran et du Dr Pierre Philip, une partie des membres de la commission qui réunit Valérie Battesti (mission locale Corail), Léo Benoliel (cadre retraité), Jean-Pierre Blanc (villa Noailles), Anne Bouthors (association En Chemin), Olivier Bugette (chef d’entreprise), Manon Carmagnolle (clerc de notaire et étudiante), M. Eymard-Tomatis (médecin), Corinne Falco (association de prévention spécialisée), Gilles Grillet (lycée agricole), Linda Hial (association Les mamans du Valdé), le général (er) Daniel Hubscher, l’Amiral (er) Georges Prud’homme, Jean Rinaldi (psychanaliste et écrivain) et Vincent Tessereau (directeur d’école). (Photo Laurent Martinat)

C’est à cette question qu’a répondu le comité du Vivre Ensemble. Il a travaillé près d’un an, auditionnant « les représentants des forces socioculturelles hyéroises » (lire par ailleurs)avant de présenter ses conclusions, jeudi, par la voix de son président le Dr Pierre Philip.

« Une histoire et un avenir communs »
« Pour bien vivre ensemble, a-t-il déclaré, les habitants de notre ville devraient s’unir dans des actions qui conforteraient leur sentiment d’appartenance à une histoire et à un avenir communs. Nous avons donc cherché le dénominateur commun qui permet de valoriser ce vivre ensemble dans la tolérance, l’humilité, le respect des différences et l’acception de l’autre.»
Concrètement, il a développé les principales préconisations retenues par le comité, « des éléments transversaux » qui reviennent dans les thématiques abordées : arts, culture et tourisme, associations, éducation, emploi et vie économique, générations, handicap, liberté de conscience, sécurité, sports, vie sociale et logement.
La première de ces préconisations consiste à « développer la connaissance de l’autre et le dialogue à travers des lieux d’échange comme les maisons des associations, des maisons de quartier ou de la famille ». La commission recommande aussi de « soutenir la motivation des jeunes, de favoriser leur implication dans la vie de la cité ». Elle cite la nécessité de prendre en compte le vivre ensemble dans la définition des politiques d’aménagement, « pour assurer une mixité sociale comme pour favoriser l’accessibilité aux personnes handicapées ».
Le Dr Philip a aussi évoqué l’importance de la communication, en souhaitant « un site web plus performant ». La commission conseille également « de mettre à profit un tissu associatif très riche prêt à s’engager dans des actions d’entraide », « d’initier des projets auxquels chacun puisse adhérer », « d’encourager un dialogue interreligieux qui existe depuis des années mais qui mérite d’être médiatisé de façon plus importante ».
La commission du Vivre Ensemble recommande enfin « l’organisation de soirées républicaines, de rencontres sportives ou culturelles intergénérationnelles, interquartiers ».
« Ces conclusions, a terminé le Dr Pierre Philip, sont force d’analyse et de propositions. Il a dit toute sa confiance au premier magistrat « pour que ce travail aboutisse sur du concret »et que « Hyères soit un modèle de la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité ».
Tous droits réservés Var-Matin du samedi 9 janvier 2016 page 4 par Caroline Martinat

Des vœux pour un hôpital « qui va mieux »

Vœux d’espoir et de solidarité, hier midi, à l’hôpital Marie-José-Treffot.

Le directeur, Michel Perrot, entouré du maire, Jean-Pierre Giran, de son premier adjoint, Francis Roux, et du nouveau président de la commission médicale d’établissement, Jean-Philippe Boutin, a tout d’abord, indiqué que l’hôpital d’Hyères devait « prendre toute sa place dans le dispositif de soins, tout en veillant à sa propre santé financière ».

Michel Perrot, directeur, a adressé ses vœux aux personnels en présence du maire, Jean-Pierre Giran, de son premier adjoint, Francis Roux, et du président du CME, le docteur Boutin. (Photo F. D.)

Michel Perrot, directeur, a adressé ses vœux aux personnels en présence du maire, Jean-Pierre Giran, de son premier adjoint, Francis Roux, et du président du CME, le docteur Boutin. (Photo F. D.)

Le directeur a, ensuite, détaillé les points forts de son établissement : « Plateau technique de grande qualité, bloc opératoire, urgences et SMUR efficaces : Hyères dispose également de services spécialisés qui correspondent aux besoins de la population : maternité, pédiatrie, médecine, chirurgie… Nous avons ouvert en 2015 un nouveau service de médecine de séjours courts, conforté la chirurgie ambulatoire, ouvert une unité d’accueil de jour Alzheimer et modernisé l’accueil en hospitalisation de jour en pédiatrie. L’ensemble de ces compétences est mis au service des patients, ce qui nous conduit à nous organiser ensemble sur notre territoire de santé pour mettre en valeur tout ce qu’apporte l’hôpital public. Aujourd’hui, l’hôpital d’Hyères compte sur ses propres forces mais peut compter aussi sur les hôpitaux toulonnais pour conforter son offre de soins avec le soutien de l’agence régionale de santé ».

« Il ne fermera pas, c’est sûr ! »

« Nous formons un conglomérat très puissant », a ensuite déclaré Jean-Philippe Boutin, président de la CME. « Protéger les emplois et accroître l’activité ont été vos priorités. Tout est bon pour que l’hôpital d’Hyères soit performant dans les années qui viennent. Il ne fermera pas, c’est sûr ! », a-t-il déclaré avant de laisser la parole à Jean-Pierre Giran.

« Les attentats récents ont démontré la capacité de nos hôpitaux. Ici, 2015 a été une année charnière pour le nôtre. C’est un hôpital qui va mieux ! Il est parvenu à l’équilibre financier et je suis optimiste pour les années qui viennent. On va développer l’offre et je lance un appel aux 60 médecins généralistes hyérois. Ils doivent faire partager l’ambition de l’hôpital public à tous ! »

Pour finir, neuf membres du personnel soignant, qui partent à la retraite, ont été honorés d’une médaille avant qu’élus, médecins, direction et personnels ne dégustent la traditionnelle galette des rois.

Tous droits réservés Var-Matin du 8 janvier 2016 par Fred Dumas

« Déchéance ou indignité ? » Jean-Pierre Giran se prononce contre la déchéance de nationalité

(Photo Frank Muller)

(Photo Frank Muller)

« L’extension de la déchéance de nationalité française aux individus nés en France de parents étrangers, lorsqu’ils auront été définitivement condamnés pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme, est un sujet moins simple qu’il n’y paraît au premier abord et qui pose question.

Au-delà de la totale inefficacité de la mesure pour dissuader des fous de commettre l’irréparable, elle introduit dans le droit et la tradition français un élément de fragmentation au moment où notre Nation a besoin d’être rassemblée plutôt que divisée. Les terroristes, français par le droit du sang, resteraient en effet français car ne pouvant devenir apatrides tandis que ceux, français par le droit du sol, seraient frappés de déchéance de nationalité.
Ainsi vivraient dans notre pays, au plus tard dès leur majorité, des Français en CDI et des Français en CDD, une hiérarchie en totale contradiction avec le principe d’égalité républicaine des citoyens devant la loi.
A l’école, à l’université, dans les clubs sportifs ou dans l’entreprise, dans toutes les institutions et structures qui fondent la cohésion nationale, tous seraient certes français mais français différemment…
Qu’en penseraient alors les petits-fils d’immigrés italiens, arméniens, algériens, polonais qui ont contribué à faire la France et se sont battus pour elle. Si l’on voulait contribuer à faire une France à deux vitesses, alimentant ainsi les réflexes communautaristes que nous condamnons fermement, on ne pourrait mieux faire. Et puis, il y aurait plus grave !
Une fois jugés, les terroristes, désormais étrangers, pourraient demander leur extradition afin d’exécuter leur peine dans leur nouveau pays et tenter ainsi de retrouver impunité et dangerosité.
Pour éviter ces écueils et polémiques mais pour que la France marque symboliquement son rejet absolu des actes portant atteinte à son intégrité, pourquoi ne pas élargir l’infraction pénale d’indignité nationale qui fut créée en août 1944 ? Il s’agissait alors de condamner les Français « collabos » qui avaient aidé l’occupant nazi à asservir notre pays. Or, ne sont-ils pas « collabos », ces Français de 2015, qu’ils soient binationaux ou de souche, lorsqu’au nom de Daech ou d’Al Qaida, ils agressent leur pays et massacrent les français ?
Tout jugement les concernant serait alors assorti mécaniquement de la peine de dégradation nationale. Ils perdraient ainsi leur droit de vote, seraient exclus de toute fonction publique et de toute fonction de direction, interdits de garder des armes, pourraient voir leurs biens confisqués…
Quant aux binationaux par naturalisation, auteurs d’actes de terrorisme et qui auraient ainsi bafoué l’honneur qu’ils avaient demandé, ils seraient, comme aujourd’hui, déchus de la nationalité française.
Il est toujours dangereux de jouer avec les principes même s’il s’agit d’user de symboles et de faire preuve d’habileté politicienne.
Naître en France est un état ; accorder une naturalisation est une faculté. François Hollande devrait méditer ce clivage simple : si on peut dénoncer un contrat, on ne peut pas nier un fait. Complexe ! »

Jean-Pierre Giran explique sa vision, les réalisations et les projets engagés

Sérénité et solidarité. C’est à l’abri de ses paravents de vertu que le député-maire, Jean-Pierre Giran, souhaite placer cette année 2016 qui oscille entre transition et frémissements

Jean-Pierre Giran prend de la hauteur depuis le balcon de l'hôtel de ville pour embrasser 2016. Photo Franck MULLER

Jean-Pierre Giran prend de la hauteur depuis le balcon de l’hôtel de ville pour embrasser 2016. Photo Franck MULLER

Demain et samedi, le maire d’Hyères, Jean-Pierre Giran, présentera ses vœux au personnel municipal puis à la population. Dans un long entretien, le premier magistrat de la ville évoque au préalable les réalisations visibles en 2016, les grands projets en cours, mais aussi ses coups de cœur et ses regrets. Et livre dans les lignes qui suivent son souhait de voir l’intérêt général l’emporter sur les intérêts particuliers.

Sous quels auspices placez-vous cette année 2016 ?
Je souhaite un retour à la sérénité car les traumatismes de 2015 ont aussi eu des retombées locales. La seule dimension positive a été des sursauts de fraternité qui sont rares dans nos sociétés et qui démontrent que lorsque l’essentiel est en jeu, les gens savent se retrouver et ne pas se perdre dans des querelles byzantines. J’aimerais aussi qu’il y ait une plus grande cohérence entre les déclarations d’intention des gens et la réalité de leur comportement. Tout le monde a dit être favorable à la mixité sociale, à la lutte contre la précarité et à un logement pour tous, mais revient assez violemment le réflexe égoïste, ce que les sociologues américains appellent le « Nimby » (Not in my backyard, traduit par : pas dans mon arrière-cour, Ndlr). En gros, je suis d’accord, mais pas chez moi. Ce genre d’attitude fait qu’on défile le jour avec une banderole « vive la mixité sociale, vive le rassemblement ! » et que la nuit, on dit l’inverse. J’aimerais que cette schizophrénie disparaisse et que chacun se rende compte que l’intérêt général est au-dessus des intérêts particuliers.
Quelle déclinaison locale en faites-vous ?
Une ville ne peut pas être arrêtée, bloquée, se contenter de satisfaire la situation de ceux qui ont déjà résolu leurs problèmes. Il faut aussi résoudre les problèmes de ceux qui sont dans l’attente. Pour y arriver, il faut la contribution de tout le monde. J’aimerais que l’élan de citoyenneté que ce l’on voit dans les moments dramatiques soit plus quotidien.
Vous faites un appel du pied aux politiques ?
À l’ensemble des citoyens. On mène des projets en satisfaisant à toutes les obligations de l’administration qui t’aide parfois de manière originale, en respectant tout un tas de normes et de difficultés objectives entre les espaces naturels, la submersion marine, les inondations, le plan d’exposition au bruit de l’aéroport, la promotion de l’agriculture, etc. Malgré tout, comme rien n’a été fait depuis 30 ans, ça continue. Pour que la France soit un grand pays et Hyères une grande ville, il faut regarder un peu plus loin que la clôture de sa propriété. Ce que je dis peut surprendre mais ce n’est pas une critique, c’est une espérance.Tous droits réservés Var-Matin du jeudi 7 janvier 2015 par Olivier Bouisson

Jean-Pierre Giran rend visite aux services de secours lors de la nuit du Réveillon

Les interventions habituelles, quelques rares feux de poubelles au Val des Rougières : dans l'ensemble la nuit a été calme pour les sapeurs pompiers de garde.

Les interventions habituelles, quelques rares feux de poubelles au Val des Rougières : dans l’ensemble la nuit a été calme pour les sapeurs pompiers de garde.

Pompiers, militaires, policiers et personnels hospitaliers : ils ont passé le cap de la nouvelle année au boulot. Une nuit relativement calme, durant laquelle ils ont reçu la visite des élus

Ce n’est pas parce qu’on ne fait pas la fête qu’on s’ennuie forcément le soir du réveillon. Il arrive que l’on travaille, et c’était le cas jeudi soir, des équipes de permanence à l’hôpital d’Hyères, des pompiers, des policiers nationaux et municipaux ou des militaires du 54e RA.

Comme c’est la tradition, c’est avec eux que le maire, Jean-Pierre Giran, a passé les dernières heures de 2015, à eux aussi qu’il a adressé ses premiers vœux.

Première étape, vers 18 h 30, à la caserne Vassoigne. Accompagné du premier adjoint Francis Roux, délégué à la Défense, de Jean-Marc Gély, adjoint en charge de la sécurité et du directeur de la sécurité Fabrice Werber, le maire a été accueilli par le lieutenant-colonel Taprest, suppléant du chef de corps.

Des militaires très sollicités

Une vingtaine de militaires était présente à la caserne, pour assurer la sécurité du site. Mais ils étaient 250 de plus à passer ce réveillon loin de leurs familles ou amis, hors garnison : 150 soldats mobilisés par l’opération sentinelle en Île-de-France, 90 en Guyane, 6 au Mali, et 5 à Mayotte, en Irak, en Côte d’Ivoire ou au Liban.

« Nous savons combien vous êtes sollicités dans ce contexte particulier, sans oublier votre rôle dans les opérations extérieures. C’est important et les Français s’en rendent compte », a dit le maire en les remerciant de leur engagement, y compris auprès des Hyérois lorsque le besoin s’en fait sentir, par exemple lors des inondations.

Après un tour au Foyer des Mûriers, à la rencontre des anciens, les élus ont fait une pause, avant de se rendre, à 22 h 30, au service des urgences de l’hôpital.

Du boulot aux urgences

La soirée s’y déroulait de façon un peu moins calme que d’habitude, avec pas mal de « bobologie » et dans la crainte de voir survenir, au milieu de la nuit, les traditionnels éclopés du réveillon : « Ceux qui ont trop bu, ceux qui ont trop mangé et ceux qui sont trop seuls… »

Autour des Dr Corniflau, Simon et Ntsai de garde ce soir-là avec trois infirmiers et deux aides soignants, les élus ont été accueillis par le directeur des ressources humaines, Gabriel Nirlo, et le président de la commission médicale d’établissement, le Dr Jean-Philippe Boutin. Une trentaine d’autres personnes était de garde dans l’ensemble des services hospitaliers.

Ceux qui ont pu se libérer quelques instants ont trinqué (très raisonnablement) à la bonne santé de l’hôpital ! Comme à chacune des étapes de la soirée, ces quelques instants ont permis un échange à bâtons rompus avec les élus. « C’est le genre de tournée qui permet tout de même de se rendre mieux compte de certaines choses », notait le maire, tandis que ses hôtes saluaient « un geste apprécié par ceux qui travaillent la nuit ».

Délit de fuite : les policiers en chasse

À l’étape suivante au commissariat, il n’y avait quasiment personne. Et pour cause, dix des treize policiers de garde étaient sur le terrain, à la poursuite d’un fuyard. Car sur le premier contrôle routier de la soirée, le premier conducteur a fait demi-tour, abandonné sa voiture dans un champ pour prendre la fuite. Il est toujours recherché.

Les élus ont donc été accueillis par le commandant Garcia qui a évoqué avec eux « une plus grande présence à l’aéroport, notamment à l’arrivée des vols en provenance de Charleroi, à la gare ou près des édifices religieux » depuis les attentats. Pour autant, ce n’est pas une surcharge de travail, a commenté le policier, « parce qu’on n’avait pas baissé les bras depuis janvier ». Sur la durée, le challenge, pour les policiers, est de « se méfier de l’habitude ».

La routine chez les pompiers

Prochaine étape. A 23 h 30, l’équipe de 14 sapeurs pompiers était au complet à la caserne autour du lieutenant Bellanger, chef de poste et de l’adjudant-chef Perlungo, chef de groupe. La soirée était relativement calme. Les élus ont tout de même assisté à un départ pour un feu de voiture dans le jardin d’une maison. L’occasion pour les élus de suivre en direct le déroulement d’une intervention avant de rejoindre le centre de supervision urbain au siège de la police municipale où les caméras confirmaient la tranquillité de cette dernière soirée de l’année.

C’est là que le cap de 2016 a été franchi, avec quelques-uns des 12 policiers municipaux de garde pour la nuit, et une pensée pour leurs quatre collègues de permanence à Porquerolles. « Je vous remercie pour votre action, votre mobilisation qui est forte. On vous demande beaucoup », a dit Jean-Pierre Giran en les saluant pour « la tenue, l’efficacité dans le service rendu ». « Je crois que la population apprécie », a-t-il conclu.

Quelques voeux de bonne année plus tard, les patrouilles ont repris. Les policiers, tout comme les pompiers, les militaires et les personnels de santé ont commencé l’année comme ils l’avaient finie : au service de leurs concitoyens.

Tous droits réservés Var-Matin du samedi 2 janvier 2016 par Caroline Martinat, page 4.