Le maire a dédicacé son livre à la librairie Charlemagne

Jean-Pierre Giran, maire d’Hyères, a rencontré samedi les lecteurs de son dernier ouvrage « Je ne suis pas sûr d’avoir tort » dans lequel il détaille le fond de sa pensée politique. Instructif.

Jean-Pierre Giran

Jean-Pierre Giran

Rencontrer le maire dans la rue pour lui serrer la pogne, quoi de plus commun ? Cette scène est d’ailleurs l’objet d’un passage assez drôle dans le dernier livre de Jean-Pierre Giran, sur l’obligation de résultat des élus, le distinguo entre le fond et la forme. Extrait : «Quand un maire se promène dans sa ville, serrant des mains et baisant des joues, personne ne dénonce son manque de profondeur, son absence de vision ou son peu d’intérêt pour les dossiers de fond. Bien au contraire, on célèbre les mérites de cet élu qu’on touche et qu’on aime. On le dit proche du peuple alors qu’il n’en est que près. A la qualité de la réflexion, on préfère le sens du contact. Plutôt que la capacité de travail, on salue l’aptitude à la marche. »

Samedi, de 10 h à 12 h, c’est donc l’auteur qu’il était donné de rencontrer à la librairie Charlemagne de l’avenue des Îles d’Or. Mais puisque ce précis, intitulé « Je ne suis pas sûr d’avoir tort » (1) détaille sa pensée, l’homme politique ne sera jamais loin. On retrouve dans l’écriture de Jean-Pierre Giran l’acuité et l’empressement parfois, qui mènent son engagement d’élu. Pot-pourri, forcément subjectif, des « meilleures feuilles ».

La montée du FN

« Obsédés par la montée d’une extrême droite qui se nourrit davantage de réflexes que de réflexions, de problèmes que de solutions, les partis républicains se sont mis progressivement au diapason d’un populisme devenu à la mode. Dès lors, en cas d’alternance, ou même pendant un mandat, il n’y a plus eu de véritable choix, de preuve de courage, de vision ou de rupture. Il y a eu simplement, de lâcheté en habileté, un glissement subreptice qui a changé toutes les donnes et qui, du fait de son invisibilité, a produit le désastre avant qu’on ait pu en devenir conscient. »

Feu le clivage gauche droite

« L’heure de la franchise est venue qui nous impose un mea culpa collectif. Regardons la réalité en face. Nous employons les mêmes mots. Nous appartenons au même parti. Nous obtenons les mêmes investitures. »

L’information galopante sur les réseaux sociaux

« La rapidité et le nombre sortent gagnants de l’usage de techniques désormais à la portée de tous. Mais que deviennent l’esprit critique, la réflexion personnelle, l’effort formateur, la démonstration, la conviction ? »

Concilier logement et environnement

« Le maire ne cesse d’être ballotté. S’il propose de construire, les interdictions pleuvent. S’il décide de ne pas construire, les injonctions à le faire, assorties de pénalités, tombent. Kafkaïen ! […] Le mieux est une fois de plus l’ennemi du bien. De normes en normes, le dérapage se poursuit : le progrès permanent accumule les blocages et provoque l’immobilisme des élus ou leur paralysie. »

Le bénévolat associatif

« Érigée en totem, la loi de 1901 doit demeurer un instrument de la liberté d’initiative mais doit se transformer pour garantir le sens des responsabilités de ceux qui la mettent en oeuvre. La vie associative doit donner un sens à la vie ; elle ne doit pas devenir un moyen de vivre. »

La lutte contre Daesh

« L’unité nationale est, dans ces circonstances, la seule exigence. Elle permet d’opposer au terrorisme, la force de la République et la fierté de la Nation. Là où Daesh voudrait la diviser, il ne parvient au contraire qu’à la rassembler. […] Vaincre Daesh est une telle urgence vitale que la résistance collective doit l’emporter sur les querelles familiales. […] Les attentats de novembre ont creusé une plaie béante sur le visage de la France. Ils ont ouvert une parenthèse où la violence légitime de la loi doit permettre de l’emporter sur la violence sanguinaire des terroristes ».