Jean-Pierre Giran explique sa vision, les réalisations et les projets engagés

Sérénité et solidarité. C’est à l’abri de ses paravents de vertu que le député-maire, Jean-Pierre Giran, souhaite placer cette année 2016 qui oscille entre transition et frémissements

Jean-Pierre Giran prend de la hauteur depuis le balcon de l'hôtel de ville pour embrasser 2016. Photo Franck MULLER

Jean-Pierre Giran prend de la hauteur depuis le balcon de l’hôtel de ville pour embrasser 2016. Photo Franck MULLER

Demain et samedi, le maire d’Hyères, Jean-Pierre Giran, présentera ses vœux au personnel municipal puis à la population. Dans un long entretien, le premier magistrat de la ville évoque au préalable les réalisations visibles en 2016, les grands projets en cours, mais aussi ses coups de cœur et ses regrets. Et livre dans les lignes qui suivent son souhait de voir l’intérêt général l’emporter sur les intérêts particuliers.

Sous quels auspices placez-vous cette année 2016 ?
Je souhaite un retour à la sérénité car les traumatismes de 2015 ont aussi eu des retombées locales. La seule dimension positive a été des sursauts de fraternité qui sont rares dans nos sociétés et qui démontrent que lorsque l’essentiel est en jeu, les gens savent se retrouver et ne pas se perdre dans des querelles byzantines. J’aimerais aussi qu’il y ait une plus grande cohérence entre les déclarations d’intention des gens et la réalité de leur comportement. Tout le monde a dit être favorable à la mixité sociale, à la lutte contre la précarité et à un logement pour tous, mais revient assez violemment le réflexe égoïste, ce que les sociologues américains appellent le « Nimby » (Not in my backyard, traduit par : pas dans mon arrière-cour, Ndlr). En gros, je suis d’accord, mais pas chez moi. Ce genre d’attitude fait qu’on défile le jour avec une banderole « vive la mixité sociale, vive le rassemblement ! » et que la nuit, on dit l’inverse. J’aimerais que cette schizophrénie disparaisse et que chacun se rende compte que l’intérêt général est au-dessus des intérêts particuliers.
Quelle déclinaison locale en faites-vous ?
Une ville ne peut pas être arrêtée, bloquée, se contenter de satisfaire la situation de ceux qui ont déjà résolu leurs problèmes. Il faut aussi résoudre les problèmes de ceux qui sont dans l’attente. Pour y arriver, il faut la contribution de tout le monde. J’aimerais que l’élan de citoyenneté que ce l’on voit dans les moments dramatiques soit plus quotidien.
Vous faites un appel du pied aux politiques ?
À l’ensemble des citoyens. On mène des projets en satisfaisant à toutes les obligations de l’administration qui t’aide parfois de manière originale, en respectant tout un tas de normes et de difficultés objectives entre les espaces naturels, la submersion marine, les inondations, le plan d’exposition au bruit de l’aéroport, la promotion de l’agriculture, etc. Malgré tout, comme rien n’a été fait depuis 30 ans, ça continue. Pour que la France soit un grand pays et Hyères une grande ville, il faut regarder un peu plus loin que la clôture de sa propriété. Ce que je dis peut surprendre mais ce n’est pas une critique, c’est une espérance.Tous droits réservés Var-Matin du jeudi 7 janvier 2015 par Olivier Bouisson