Alain Juppé : « Je veux gagner en disant la vérité »

Candidat aux primaires de LR, l’ancien Premier ministre, en visite deux jours à Hyères, élabore son programme de futur « présidentiable », « à l’écoute des Français »

En réunion publique à l'Almanarre. A droite : Jean-Pierre Giran, Hubert Falco, Philippe Vitel. (Photo V.L.P.)

Alain Juppé en réunion publique à l’Almanarre. A droite : Jean-Pierre Giran, Hubert Falco, Philippe Vitel. (Photo V.L.P.)

Du ravageur horticole aux« ravages des 35 heures », de l’administration « trop tatillonne » au code du travail« trop complexe », des rythmes scolaires« imposés » au « flou » des réformes gouvernementales… Alain Juppé (1) venu entendre les Français – en l’occurrence ceux de la 3e circonscription du Var – n’aura eu qu’à tendre l’oreille : tout le monde avait tant à dire.

Ce n’est pas tous les jours que l’on tient un « peut-être futur présidentiable ».« Je constate un grand besoin d’échanges… », constatait-il, laconique mais visiblement détendu et satisfait, à l’issue hier soir des trois tables rondes organisées à son intention avec des professionnels de divers horizons.

Préoccupations quotidiennes

Fidèle et proche de l’ex-Premier ministre, Jean-Pierre Giran, le député-maire LR de Hyères, avait mitonné au maire de Bordeaux un programme studieux. Tant à La Londe (sur le thème des inondations) qu’à La Crau (l’horticulture) et à Hyères (l’éducation), les échanges, précis, sont allés « au fond ».

L’occasion pour le candidat à la primaire des Républicains de s’imprégner des préoccupations quotidiennes de ses interlocuteurs.« Pour élaborer dix à quinze réformes fondamentales qui constitueront mon programme si je suis désigné candidat à la présidentielle par ma famille politique. »

Les sirènes du FN

Un candidat à la candidature déjà entré dans la peau du candidat tout court à l’Élysée quand il s’agit de s’adresser au public.

Sur le parvis de la mairie de La Londe le matin ou lors de la réunion publique le soir à Hyères, « Je préfère perdre en disant la vérité que gagner en mentant », a-t-il lancé à plusieurs reprises devant ceux venus l’applaudir.

Les enjoignant à rétablir « un climat de confiance réciproque en France ». « Je ne vous promets pas que je ferai table rase de tout ce qui a été fait depuis 2012. On ne peut pas tout changer tout le temps. »

En revanche, « dans ce pays qui ne va pas bien et qui se dirige dans le mur », « nous n’allons pas renoncer à vivre heureux ensemble. Ne cédez pas aux sirènes du Front national. »

L’ancien Premier ministre veut remettre les choses d’aplomb. « Question de bon sens. » « Ceux qui gagnent beaucoup doivent payer beaucoup d’impôts. Mais ceux qui gagnent un peu doivent payer un peu. Et non pas rien du tout ! ».

Sans oublier « les 35 heures nous paralysent. »Quant « au smicard qui travaille dur et voit son voisin de palier gagner autant en restant chez lui grâce aux différentes aides », c’est un cas de figure « à réformer. »

Tout comme le code du travail, l’empilement des normes et textes de loi en tout genre, l’ISF, etc.

« Quand en 1995, j’ai voulu faire des réformes, je me suis retrouvé bien seul. J’espère que si je suis élu, j’aurais cette fois du soutien ! »

1- Aujourd’hui, il participera à Hyères à une table ronde avec des chefs d’entreprise puis inaugurera le comité local « AJ pour la France » à l’Hôtel Mercure.

Tous droits réservés Var-Matin du jeudi 10 septembre 2015 page 16, par Mireille Martin