Première réunion publique sur le Plan local d’urbanisme (PLU)

La première réunion publique sur le PLU en cours d’élaboration, était animée par le cabinet Citadia au forum du casino. État des lieux et grandes lignes

« Hyères l'incomparable multiplie tant d'atouts, qu'elle féconde de ce fait contraintes et limites » , a exposé en prélude le député-maire Jean-Pierre Giran. (Crédit_photo)

« Hyères l’incomparable multiplie tant d’atouts, qu’elle féconde de ce fait contraintes et limites » , a exposé en prélude le député-maire Jean-Pierre Giran. (Crédit_photo)

Du monde au forum du casino, pour la présentation du diagnostic du Plan Local d’Urbanisme en cours d’élaboration, vendredi soir, dans le cadre d’une réunion de concertation. Cette première étape de la procédure dresse un état des lieux du territoire et ébauche les principales options municipales pour l’aménagement de la commune dans les quinze prochaines années.

En prélude à la présentation du cabinet Citadia (lire par ailleurs), le député maire Jean-Pierre Giran a présenté « la philosophie » ce projet urbain qualifié de « rêve contenu », car Hyères « n’est pas une ville comme une autre. Par son histoire, son territoire, sa situation, elle impose autant précaution que d’ambition ».
Le pari du logement
13 400 hectares qui font de la capitale française de la fleur coupée, l’une des plus grandes communes de France. Un archipel, 60 kilomètres de littoral protégé – berceau de la Côte d’Azur – des massifs forestiers et des zones humides abritant une biodiversité exceptionnelle, un vaste terroir viticole et maraîcher, un patrimoine architectural s’étalant sur plus de 2000 ans, 200 sites archéologiques… Un capital à protéger pour les générations futures. Mais qui peut aussi être un frein à l’essor économique et à la production de logements accessibles, qui font aujourd’hui si cruellement défaut à Hyères : la commune a perdu 500 habitants entre 2006 et 2011…
« Dès lors, les invitations administratives de L’État à construire plus de logements sociaux, à réhabiliter des friches, à assurer la promotion de zones d’activités rejoignent très naturellement nos propres exigences éthiques » a déclaré le maire. « Simplement, pour mettre en oeuvre les mutations nécessaires de façon maîtrisée, un principe doit présider à la réflexion : assurer l’harmonie, respecter les équilibres, planifier l’espace en organisant le temps ».
5 000 hectares à protéger, 3 000 hectares à cultiver, une ZPPAUP (1) à entretenir dans son identité : seuls 50 hectares sont librement constructibles. « 50 hectares pour accueillir les 1 000 logements sociaux requis dans les quelques années à venir dans le programme local de l’habitat (PLH), voilà à l’évidence un pari qui ne peut-être gagné dans la simplicité ».
« Respecter notre jeunesse »
À quoi ressemblerait donc, sur ces bases, le Hyères de demain ? « Une ville moyenne à croissance démographique et à développement maîtrisé qui, forte des 65 000 habitants qu’elle pourrait compter dans 20 ans, souhaite par-dessus tout conserver son identité et garantir la fidélité à son passé, mais qui se projette sans complexe vers plus de modernité et de compétitivité ». Une ambition déclinée à travers quelques pistes : « réparer des espaces sensibles dégradés – au Chalet Jeanne à La Badine, des blockhaus ou des cabanes disparates – avec des projets valorisants susceptibles d’installer une capacité d’accueil résidentielle » ; « faire rayonner le tourisme », à travers notamment « quelques hôtels de prestige ». Appuyer et moderniser le secteur tertiaire, l’atout agricole, mais aussi, « et c’est décisif, de respecter notre jeunesse. Une commune qui ne retient pas sur son territoire les jeunes qui y sont nés où ceux qui en sont tombés amoureux, manque à ses obligations. Elle prend également le risque de s’affadir, de s’endormir, de perdre sa vitalité ».

Tous droits réservés Var-Matin du lundi 29 juin 2015 par Nathalie Brun