Jean-Pierre Giran : « la commune sort du rouge »

A la fin du mandat précédent, la préfecture a mis la ville sous contrôle budgétaire renforcé. Le maire affirme l’avoir découvert récemment, à la fin de la procédure. Il en tire une double satisfaction

Pour le maire Jean-Pierre Giran, le partenariat pour l'exercice du contrôle budgétaire mis en place à la fin du mandat précédent, et dont il ignorait l'existence, prouve que son analyse de la situation financière difficile de la ville était juste, et la suspension de ce contrôle démontre que sa politique budgétaire est la bonne. (Photo doc A. L.)

Pour le maire Jean-Pierre Giran, le partenariat pour l’exercice du contrôle budgétaire mis en place à la fin du mandat précédent, et dont il ignorait l’existence, prouve que son analyse de la situation financière difficile de la ville était juste, et la suspension de ce contrôle démontre que sa politique budgétaire est la bonne. (Photo doc A. L.)

Cela paraît à peine croyable : lors d’un point presse sur la situation budgétaire de la ville, hier matin en mairie, le maire a annoncé avoir découvert, ces derniers jours, et donc avec beaucoup de retard, que la préfecture avait informé la ville, le 15 mars 2014, soit trois semaines avant l’installation de la nouvelle municipalité, de sa décision d’engager avec elle une démarche de partenariat pour l’exercice de son contrôle budgétaire.

Assez peu courante, cette procédure, a expliqué hier Jean-Pierre Giran, « a conduit à additionner les compétences des services de la direction des finances publiques du Var et celles du service des finances locales pour surveiller et contrôler les différents comptes budgétaires de la commune d’Hyères » (1).
A la demande de la chambre régionale des comptes
En résumé : à la toute fin du mandat précédent, la ville a été placée sous contrôle budgétaire renforcé, – ce qui n’a rien à voir, il faut bien le préciser clairement, avec une mise sous tutelle – et la nouvelle municipalité ne l’a découvert que la semaine dernière… après que cette mesure eut pris fin.
Ce partenariat, reprend Jean-Pierre Giran, avait été suggéré fin 2013 par la chambre régionale des comptes qui avait saisi le préfet « pour lui indiquer un certain nombre d’anomalies dans les compte budgétaires de la ville d’Hyères : porosité des budgets communal et portuaire, problèmes de cessions d’immobiliers, reports divers…»
« Ceux qui m’ont traité de menteur…»
Pendant un peu plus d’un an, les services de la ville ont donc transmis en préfecture les documents budgétaires, non pas en trois exemplaires comme c’est la règle habituelle, mais en quatre exemplaires afin que ce partenariat pour l’exercice du contrôle budgétaire puisse s’exercer.
Premier commentaire du premier magistrat : « J’avais raison. Cette vigilance de la préfecture confirme que les analyses budgétaires que j’avais présentées depuis un an, indiquant que la situation financière de la commune était difficile, étaient bonnes. Ceux qui m’ont traité de menteur ou qui ont nié ces évidences sont doublement critiquables car ils ne pouvaient pas ne pas connaître la décision de la préfecture initiée par la chambre régionale des comptes. »
Comment la nouvelle municipalité a-t-elle pu rester aussi longtemps dans l’ignorance ? Le maire ne l’explique pas. Mais il indique qu’il a découvert cette situation la semaine passée, en prenant connaissance d’un courrier de la préfecture daté du 7 avril 2015 indiquant à la commune qu’elle « sort de ce dispositif en raison du faible nombre d’anomalies désormais relevées, ce qui traduit une vigilance acrue de vos services ».
« La commune sort du rouge »
Et Jean-Pierre Giran de se réjouir, sans détour : « C’est une très bonne nouvelle : la commune sort du rouge ! »Mais « reste dans l’orange », tempère-t-il aussitôt.
« Cette nouvelle décision du préfet confirme le bien fondé des décisions prises lors du budget supplémentaire 2014 où, je le rappelle, près de 10 millions d’euros de recettes de cessions d’immobilisations parfaitement prématurées ou illusoires rendaient le budget insincère », tacle encore le premier magistrat à l’adresse de ses prédécesseurs.« Elle confirme également le bien fondé de la politique définie au budget primitif 2015 (…), où nous avons mis en place un régime drastique d’économies, une réduction de la voilure des investissements et mis légèrement à contribution le contribuable hyérois »
Plus de hausses d’impôts
La surprenante découverte de ce partenariat avec les services de l’Etat, au moment où il s’achève, lui permet aujourd’hui d’affirmer que « Hyères sort du trou » et que « la vérité est établie sur ce qu’était la situation de la commune en mars 2014 quand a eu lieu l’alternance ». Il estime enfin qu’elle démontre que « la politique suivie a réussi ».
« C’est la bonne et la seule politique budgétaire possible » conclut-il en indiquant qu’elle prévaudra pour l’exercice 2016, « quand les ponctions de 2 millions de l’État interviendront ». « Nous pourons ainsi, sans augmenter les taux d’imposition de la commune pour le reste du mandat, revenir à une situation financière saine, garante de l’avenir. »
1. « Ce partenariat complète les contrôles opérés par la préfecture. Parmi les sujets qui le justifient, figurent : dette et emprunt, amortissements et provisions, sincérité et justification des restes à réaliser, opérations de cessions immobilières et vérification de la sincérité des opérations inscrites ».
Tous droits réservés Var-Matin du mercredi 10 juin 2015 page 6, par Caroline Martinat